EKIDEN DE PONTAULT-COMBAULT (1/6) : LA COURSE AVANT LA COURSE

Le 10 juin prochain à Auxerre, Saint-Brice Athlétisme (SBA) deviendra peut-être le premier club à qualifier deux ans de suite ses quatre équipes aux Championnats de France d’ekiden. Nous réussirions là où Vernon, Rouen-Maromme, Joué Saint-Pierre et Malakoff étaient passés si près entre 2014 et 2016. Nous atteindrions une cime sur laquelle les condors des Interclubs élites ne se sont jamais posés. Avec le recul, nous pourrions alors dire que le tournant de cette magnifique aventure s’était joué ce dimanche 22 avril à Pontault-Combault, par une matinée chaude et ensoleillée en lisière de la forêt de Binel. Nos équipes mixtes et vétérans masculines étant déjà qualifiées depuis les Nationaux de Liévin en septembre dernier, c’était au tour de notre formation féminine d’entrer en action.

Cascade de défections

Seul problème, pour participer, il faut une équipe de six athlètes disponibles pour parcourir ce relais sur la distance d’un marathon, décomposé en tronçons de 5 – 10 – 5 – 10 – 5 et 7,2 km. Quelques semaines avant le grand jour, nous n’avions pas imaginé un seul instant que c’est l’intégralité de notre effectif 2017 qu’il faudrait revoir. Manoubia-Hella El Khazen et Mélanie Large indisponibles, Cécile Cosme au marathon d’Annecy, Audrey Luder hors de forme, Jacinte Dias déçue par son marathon de Paris, Florence Luder trop juste pour une reprise après son accouchement en février et Nawel Fonquergne absente en raison de ses révisions du bac. Dans ces conditions, nos chances de participer étaient minimes, voire quasi nulles.

L’effort de Cindy Marceau

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Cindy Marceau (à gauche) aux côtés de Nawel Fonquergne aux Championnats du Val-d’Oise 2018 de cross-country. Photo : Julien BIGORNE / www.sportspassion95.fr

 

Au fil des défections, ce qui m’a poussé à poursuivre la composition de l’équipe, c’est la participation de Cindy Marceau. Cette jeune triathlète, formée par Olivier Sauzeat au Tnt Ézanville, a rejoint notre club en janvier dernier. Elle doit partir en stage le matin même, mais sa mère Sylvie a accepté de reporter son départ en train au soir et son père Christophe de l’emmener sur le site de la course. Au vu de cet effort, hors de question d’abandonner.

L’enthousiasme de Célia Lerideau

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Célia Lerideau, lauréate du 6 km de la Ronde d’Enghien 2018. Photo : Julien BIGORNE / www.sportspassion95.fr

 

Quelques jours plus tard, Célia Lerideau rejoint à son tour notre groupe par l’entremise de Pascal Enfert, président du Triathlon Sannois Franconville (Tsf), qui nous apporte son concours depuis notre projet de 2017. Célia n’a jamais disputé d’épreuve par équipe. C’est cette perspective qui l’enthousiasme. De surcroît, ses progrès sont exponentiels sur 10 km (de 52 à 43 minutes en l’espace de six mois) et elle reste sur une seconde place sur 5 km à la Course des Coteaux à Saint-Leu-la-Forêt. Malheureusement, il reste encore quatre sportives pour compléter l’effectif à une semaine du terme. Je compte sur une ou plusieurs rencontres à la Ronde d’Enghien pour débloquer la situation.

La découverte de Roxane Doinet

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Roxane Doinet et Antoine Marquilly sur le 10 km populaire de la Ronde d’Enghien 2018. Photo : Julien BIGORNE / www.sportspassion95.fr

 

Au premier passage du 10 km populaire, je m’aperçois qu’Antoine Marquilly (frère d’un de nos coureurs ‘‘historiques’’) est le lièvre de l’athlète féminine de tête. À l’arrivée, cette jeune femme s’impose en 42’04. Son nom : Roxane Doinet. Pour un article sur l’épreuve, j’engage la conversation pour connaître son parcours et ses objectifs. Bientôt, son premier marathon au Mont-Saint-Michel, des triathlons en vue et l’envie d’améliorer son chrono sur 10 km. En fin de discussion, j’apprends qu’elle est la compagne de Gaétan Marquilly, le premier relayeur de notre équipe victorieuse en 2017 à Pontault-Combault. Pourtant, elle ne connaît pas l’ekiden. La perspective d’une course par équipe la séduit. Et grâce aux conseils de ses entraîneurs au Vallée Montmorency Triathlon (Vmt) – Nicolas Le Dizes (triathlète qualifié aux Mondiaux de duathlon 2018 et coureur de l’Une95 5e de l’ekiden de Paris 2017) et de Gwénaël Sesboué (premier Valdoisien masculin à finir l’Ironman d’Hawaii), elle vient de gagner 18 minutes sur 10 km ! Je prends son intérêt et ses demandes sur notre projet pour un ‘‘oui’’ participatif. Dans le même temps, Cindy Marceau termine 53e des Championnats de France cadettes de duathlon en réalisant un excellent premier 5 km en 20’13. Une lueur d’espoir renaît à une semaine de LA course.

L’aide d’Anne-Claire Luder

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Aurélie Marchal et Anne-Claire Luder. Photo : Julien BIGORNE / www.sportspassion95.fr

 

Mais le lendemain, lundi 16 avril, plusieurs pistes n’aboutissent pas. Il me faut appeler Didier Barilleau, l’organisateur de l’Ekiden de Pontault-Combault, pour obtenir un délai supplémentaire pour l’inscription. Car il s’agit du dernier jour d’inscription par courrier et pas d’engagement possible sur place le jour J. Demande accordée.

Le soir même, je contacte dans la soirée Anne-Claire Luder, épouse de notre président, qui initia en 1997 le premier ekiden organisé en France par notre club, à Saint-Brice-sous-Forêt. Je lui expose la situation. Elle explore une possibilité. Je reçois son SMS à 23h. Sa belle-sœur Aurélie Marchal et une amie de celle-ci, Carole Papazian, rejoignent l’équipe. Aurélie reprend tout juste l’entraînement suite à la naissance de sa fille. Au début des années 2000, elle fut athlète de haut niveau en saut en longueur et porta les couleurs du Ca Montreuil (alors indétrônable champion de France élite aux Interclubs). Carole, de son côté, est une adepte de la longue distance. Elle a fini la Saintélyon en 2012, les 80 km de l’Éco-Trail en 2014 et 2015 et plus récemment le marathon de Bordeaux en 3h42. Reste une sixième et dernière athlète féminine. J’attends la réponse de la dernière chance.

La réponse de la dernière chance

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Perrine Bazin Philippe, vice-championne d’Europe 2016 de X-Terra.

 

Mardi 17 avril, en matinée, l’appel tant attendu arrive de Perrine Bazin Philippe. J’ai eu la chance de rencontrer Perrine il y a dix ans à l’occasion de mes premiers reportages en cyclo-cross pour La Gazette du Val-d’Oise. C’est une sportive qui brilla à haut niveau dans plusieurs disciplines (championne de France jeune en VTT en 2002, 7e des France élites de cyclo-cross en 2011, vice-championne d’Europe de X-Terra en 2016, championne de France 30-34 ans en aquathlon et en duathlon en 2017…). J’ai toujours aimé sa détermination en course et son courage de toujours revenir plus forte malgré des fractures et une sérieuse blessure au psoas. Je sens que notre projet l’intéresse mais elle vient de s’engager pour une vacation de maître-nageur à la piscine de Chambly… programmée pendant la course ! Cette fois, c’est sans doute cuit, même si Perrine tente de s’arranger avec un collègue.

Dans l’après-midi, retournement de situation. Perrine courra bien avec nous. Notre équipe est complète. Je finalise notre dossier et envoie les infos pratiques. Ça roule ! Julien BIGORNE